20200222-0301

Du 22 février au 1er mars 2020

Andalousie. Sierras de Tejada, Almijara et Alhama. Villages blancs.

Carte du trajet effectué du 22 février au 1er mars 2020

En 9 jours : 220 km avec Rouletabille, et 47 km à pied.



Samedi 22 février 2020

Nous avons quitté la Sierra Nevada et sommes arrivés dans un nouveau massif montagneux totalement différent, et d'une très grande beauté. Les paysages nous plaisent énormément. Les sierras d’Alhama, Tejeda et Almijara sont une chaine de montagne impressionnante qui forme une barrière géographique entre les provinces de Malaga et de Grenade. Les sierras de Tejeda et d’Almijara sont situées du côté de Malaga, dans le coeur de la contrée d’Axarquía. Alhama correspond à la partie occidentale de la province de Grenade. Le sommet de la Maroma, 2065 mètres d’altitude, offre une vue spectaculaire sur la côte méditerranéenne et les montagnes voisines. Rivières et ruisseaux descendent rapidement sur les pentes de ces montagnes, offrant des cascades spectaculaires, comme “Los Árboles Petrificados”, où l’eau calcaire a minéralisé les vieux troncs. Dans d’autres cas, les eaux conduisent à quelques gorges impressionnantes, appelées ici Cahorros.

Grand soleil ce matin, on ne résiste pas à aller faire une rando à dix kilomètres de notre bivouac. Le Rio Verde promet des cascades avec du bois pétrifié. Après étude des diverses possibilités offertes sur notre application favorite Wikiloc, et examen des cartes maps.me et Osmand, nous nous posons sur un des rares parkings du secteur, sur lequel se trouve un fourgon de randonneurs allemands. Quelques photos prises sur la route longeant les crêtes.

Pique-nique prêt, nous partons pour 12,5 km sur un superbe sentier qui sent bon "le midi" : romarins, cistes, pins, ajoncs... Le sentier est escarpé, au flanc des monts, et nous conduit à des points de vue impressionnants, depuis lesquels nous apercevons un lac aux couleurs "bleues-vertes". Les allemands nous doublent, nous papotons un moment.

Ci-dessus. On ne les voit pas au premier coup d'oeil, mais en faisant attention, vous découvrirez des troncs d'arbres coincés dans les anfractuosités de la roche, et qui ont fini par se calcifier ! Grandiose.

Arrêt pique-nique devant des bassins sur différents niveaux, reliés les uns aux autres par de petites cascades sur une roche lissée par les écoulements millénaires. Il fait chaud, un vrai bonheur.

Jef. Nous remontons par un sentier trouvé sur la carte, mais qui s'avère finalement difficile en raison de sa très faible fréquentation. En effet, la végétation a tout recouvert, et nous devons souvent nous frayer un chemin au milieu d'une végétation dense. C'est là que je me suis fait piquer (soit par un insecte, mais plutôt, je pense, par les épines d'une plante), qui me fera souffrir pendant presqu'une semaine, avec gonflements de la main et des doigts, et très fortes démangeaisons, que l'huile essentielle "gaulthérie" finira par guérir ! Nous vivons dangereusement...

Pour faire une boucle, nous remontons ensuite par une large piste, puis par la route empruntée ce matin avec le camion. Rencontre avec deux motards allemands en arrivant sur la route, avec lesquels nous discutons une bonne demi-heure. Nous repérons une zone plate pour le bivouac vespéral en retournant au fourgon, et sur lequel nous revenons nous installer. Il est 17h30, 25 °C dans Rouletabille. On est bien !!! Quelle vie merveilleuse, pleine de paysages variés, de rencontres, de belles randos, et aucun ennui. Jef se met à trier les photos, torse nu, avec de la musique. Je peins...



Dimanche 23 février 2020

Journée relâche pour nous deux. Obligation de faire les vidanges et l'eau, donc direction le camping proche d'un lac de barrage, la "embalse de los Bermejales". Le camping était noir de monde, les remplissages ont été délicats, et nous étions heureux de quitter la foule !

Nous installons le bivouac juste à côté, au bord du lac, au grand calme, sous un chaud soleil. Magnifique lac aux eaux bleues. Jef bosse sur ses cours, je fais un peu de couture, puis je me lance dans la peinture de la cascade vue hier. Il est 18h, pas vu le temps passer...



Lundi 24 février 2020

Nous changeons de site, direction Alhama de Granada. Paysage totalement différent, cultures, oliviers partout, quelques arbres en fleurs, prairies, vallons verts... C'est sympa. Je repère une source d'eau chaude à deux kilomètres du bourg. On s'y pose.

Jef se met sur ses cours, et je décide d'aller faire une rando de repérage du village. Premier arrêt aux bains, où une source à 37-40 °C se jette dans un bassin fréquenté par les locaux, principalement des hommes, environ une dizaine. Je poursuis mon chemin dans les gorges pour me rendre au centre du bourg. Très riche en architecture : 4 églises, château, remparts, couvent, prison, maison de l'inquisition, fontaines. J'y passe trois heures. Infos prises à l'Office de Tourisme, il y aura le carnaval des enfants dans l'après-midi.

Retour au fourgon, déjeuner, puis nous allons poser Rouletabille sur le très vaste parking aménagé et réservé aux camping-caristes. En passant, nous allons voir le "pont romain", dont personne ne sait s'il est vraiment d'époque romaine... Jef reste bosser sur ses dessins. Il fait très chaud, mais je prévois un gilet pour la soirée, car les températures baissent très vite dans ces montagnes. Je repars en ville voir le spectacle. Public de parents, grand-parents, c'est la fête locale, tout le monde se salue. Je me choisis un emplacement en hauteur pour apprécier la manifestation, riche en costumes et couleurs. Il est déjà 19 heures quand tout se termine, et il fait déjà brun lorsque je reviens au fourgon, ravie de ma journée.



Mardi 25 février 2020

Nous nous sommes installés près de Alhambra de Granada, car ce site me laissera la possibilité de faire pas mal de balades dans et autour de la ville, et permettra à Jef de poursuivre ses cours comme il en a envie.

Cette fois, je vais randonner au sud de la ville, en direction de la Pantaneta (un barrage). Le sentier passe dans la gorge du rio Marchan, d'où se découvre une vue panoramique sur le village. Retour par le centre pour visiter les monuments ratés hier. Encore une belle balade de 3 heures pour 8 km, relativement facile.

Vue depuis Rouletabille. Défilé de masque à 16h30, j'avais envie d'y aller, mais finalement, je reste au chaud avec Jef et je bouquine, car le froid revient vite.



Mercredi 26 février 2020

Un peu longs à démarrer ce matin, papotage avec nos voisins de parking de Machecoul, 44, pas loin de chez nous. Jef nous trouve une rando de 7 km démarrant près d'une chèvrerie, dans laquelle nous achetons deux belles parts de fromage de... chèvre pour notre pique-nique, que nous prenons dans le fourgon avant de partir. Quelques km avec Rouletabille sur une très belle piste pour atteindre la ferme. Par contre, la marche se fait sur la même large piste, nous aurions mieux fait de prendre nos VTT, et sommes un peu déçus.

Puis nous décidons d'aller bivouaquer au départ de la randonnée que nous allons faire demain. Le parking, El Robledal, se trouve dans une forêt de pins (beaucoup de godets de prélèvement de résine sur les troncs), et est immense. Nous discutons avec des jeunes revenant de la rando : ils nous rassurent en nous assurant qu'à part un peu de neige gelée sur le sentier, il n'y en a pas en haut. Parce que, pour tout vous dire, le but de cette rando est la Maroma, également connue sous le nom de Tejeda, à une altitude de 2065 m, et qui est le plus haut sommet de la Sierra de Tejeda, à la frontière entre les provinces de Grenade et de Malaga.

Nous serons seuls cette nuit sur le grand parking, perdu au milieu de nulle part, après le départ des deux véhicules. Quelques aboiements de chiens au loin, puis le grand silence. Le ciel étoilé est d'une immense beauté, comme partout en Andalousie, mais il fait trop froid pour s'attarder au spectacle grandiose...



Jeudi 27 février 2020

Départ à 9h30 pour la Maroma. -1°C ce matin au réveil : normal, le parking est à 1.000 mètres. Montée sur 8,5 km dans une forêt de pins, puis de chênes verts. Chemin facile avec une grimpette progressive.

On quitte l'arborescence pour se trouver dans une zone de roches blanches et grises, avec une végétation de touffes importantes et des arbustes à feuillage gris. C'est à ce niveau là que l'on trouve des traces de neige, voire de glace, sur le sentier.

Belle grimpette, ici peu avant d'arriver au col des cavaliers. Nous sommes dans le versant à l'ombre, il ne fait pas chaud malgré les efforts... Ci-dessous, nous retrouvons le soleil : vue depuis le col.

Le paysage change totalement : nous arrivons dans le monde minéral, et la Maroma se dévoile sous nos yeux, bien que le sommet ne soit pas franchement déterminé, car l'altitude est, là-haut, presque partout la même, et il y a eu de très nombreuses discussions pour déterminer le point le plus élevé. Ci-dessous, vue arrière vers le col des cavaliers que nous venons de franchir.

Soudain, l'émerveillement : sous nos yeux, la Méditerranée. A droite, la côte espagnole, avec, très loin dans la brume, le rocher de Gibraltar. Et, à gauche, sur l'horizon : le continent africain, le Maroc, les sommets de la chaîne montagneuse de l'Atlas marocain.

A nos pieds, de petites montagnes couvertes de forêts de sapins, des petits villages blancs, et de nombreux sentiers serpentant sur les pentes accidentées. C'est à cet endroit qu'un couple de randonneurs nous rattrape (lui est espagnol et elle est polonaise). Nous discutons un moment ensemble, puis ils prennent les devants, nous les suivons à distance. Le sentier disparaît, nous sommes sur de la roche burinée de crevasses longitudinales, et je ne peux m'empêcher de penser aux paysages des "Burren" en Irlande... Souvenirs, souvenirs.

On distingue à peine Claudine dans cette mer de roches grises, et nos appareils-photos eux-mêmes ont du mal à faire la mise au point, là où rien n'accroche vraiment le regard. J'aime ce monde minéral, c'est géant ! Ci-dessous, au loin, les sommets enneigés de la Sierra Nevada, vers l'Est.

Le sommet se mérite vraiment ! Jef monte pour les photos (et le besoin d'atteindre le point le plus haut), je me contente des quatre premiers barreaux... Nous sommes enchantés d'avoir réussi, un peu plus de 1.000 mètres de dénivelé, un paysage à 360 ° à couper le souffle. Trois chevaux sortis de nulle part cherchent compagnie. Nous prenons notre pique-nique à l'abri du vent, violent et froid ici, au coeur de cercles de pierres. Fantastique.

Nos amis randonneurs repartent, ils ont mangé un peu plus bas. Nous ne croiserons qu'un seul autre couple en redescendant. La montagne est déserte aujourd'hui, et ce n'est pas pour nous déplaire, nous aimons être seuls dans ces immensités.

Retour par le même chemin.

Il est 16h30 quand nous retrouvons Rouletabille, soit 17,2 km en 7 heures avec une heure de pause, soit 6 heures de marche. Nous sommes ravis, c'est notre plus longue rando avec le plus fort dénivelé depuis le début du voyage, et tout s'est parfaitement bien déroulé.



Vendredi 28 février 2020

Vidange et eau, c'est la corvée du jour. Et comme les lieux dédiés sont assez rares en Andalousie, nous devons aller jusqu'à Velez-Malaga pour le faire, près de la côte. Ce sera donc une journée de grand déplacement, 72 km (...!!!), comparé à ces derniers jours... Nous quittons notre immense parking, pris d'assaut par de très nombreux randonneurs et quelques fourgons aménagés, certains arrivés tard hier soir. Nous sommes surpris, car c'est aujourd'hui vendredi. Nous aurons l'explication à Velez-Malaga, où tous les magasins, y compris les grandes surfaces, sont fermés : c'est aujourd'hui le jour de l'Andalousie, et c'est un jour férié ! Heureusement, notre vidange se déroulait dans une station-service, et était ouverte, ouf !

Ci-dessus, la Maroma que nous avons gravie hier. Nous étions sur le versant opposé, côté Méditerranée.

Nous nous dirigeons ensuite vers les petites villages blancs aperçus hier depuis le sommet, et que les randonneurs nous ont fortement suggéré de visiter. La région est d'une immense beauté, couverte de toutes sortes de plantations, y compris un secteur entier couvert d'avocatiers. Par contre, le stationnement y est extrêmement difficile, les routes petites et sinueuses n'offrent que de très rares parkings.

Nous trouvons notre bonheur sur une aire de pique-nique pour déjeuner au bord de la route, à Archez, en face du village de Canillas de Albaida, panorama sublime. Puis nous posons Rouletabille sur un parking plus plat à un kilomètre. Il fait très chaud (-1°C ce matin, et 24 °C maintenant !).

Vers 16h30, je décide d'aller faire un petit tour dans le bourg pour une balade de 5 km, jusqu'à un moulin abandonné, pendant que Jef se met à dessiner.



Samedi 29 février 2020

Claudine. Pour moi, ce sera une rando de 9 km entre les 3 villages du secteur : Archez, Competa, et Canillas de Albaida. Sentier agréable, à travers les plantations. Ici, les amandiers sont en "fruits", amandes déjà formées et de couleur verte, duveteuse, c'est incroyable ! Le climat est méditerranéen, voire même tropical ? Il fait vraiment très chaud, d'où mon départ dès 10 h, Jef restant "travailler" ses dessins. Competa est un très beau village, très animé, car c'est jour de marché. Belle église, place, restos... Beaucoup de touristes. Je poursuis par un sentier pavé pour me rendre à Canillas, ses chapelles, sa place principale sur laquelle je retrouve un groupe de marcheurs allemands croisés plus haut. Retour par Archez que j'ai visité hier, donc peu d'arrêts. Trois heures d'agréables ressentis. Je retrouve Jef dans son fourgon : 25 °C à l'intérieur, malgré les courants d'air et tous les stores baissés ! Mais on ne va pas se plaindre, n'est-ce-pas ?



Dimanche 1er mars 2020

Nous quittons notre parking pour le village de Canillas de Aceituno, où nous attend une randonnée à travers les oliviers avec quelques particularités. On longe une conduite d'eau (levada) sur la totalité de la marche, laquelle est en bordure de côteaux pentus, voire suspendue sur la falaise au-dessus du précipice ! Le sentier se termine sur une cascade et plusieurs bassins naturels aux pierres lissées par les eaux. Nous y verrons, plus haut dans les rochers, quelques chèvres de montagne sauvages. Pause pique-nique sur ce beau site, au milieu de plusieurs familles espagnoles, cette randonnée semblant très prisée. Retour par le même chemin.

Arrêt pour une bière dans un bar sur la place du village. Papotage avec une française, Marie, dont la mère espagnole est originaire de cette ville. Nous reprenons la route pour Comares, village perché à 700 mètres au sommet d'un mont qu'il recouvre entièrement. Bivouac au pied du village.

Et voilà, c'est déjà la fin de ce reportage. A très bientôt pour la suite de nos aventures. Merci à tous ceux qui nous ont laissé quelques mots sur le livre d'or, c'est toujours un plaisir de vous lire. Ciao ciao.

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