20200302-16

Du 02 au 16 mars 2020

Andalousie, Axiarqua. Retour France : épidémie coronavirus !



Première partie, du 02 au 14 mars 2020

Andalousie : Axiarqua, Sierra de Grazalema.

Carte du trajet effectué du 02 au 14 mars 2020

En 13 jours : 265 km avec Rouletabille et 33 km à pied.



Lundi 2 mars 2020

Claudine. Malgré un temps pluvieux annoncé, je décide de faire une rando autour et dans Comares, sur une piste traversant des oliveraies sur l'ensemble du trajet. Retour à travers le village par un sentier le long des roches (via ferrata possible, mais que je n'ai pas osé prendre !). Portes de style arabe à l'entrée et dans les ruelles. Point de vue incroyable, car Comares est construit au sommet d'un mont qui domine les vallées : vue vers le nord sur les sierras, vers le sud sur la Mer Méditerranée. Nombreux panneaux en céramique sur l'histoire locale. Quelques commerces. Une vieille dame devant sa porte m'interpelle et insiste pour que je rentre chez elle. Elle vend quelques fruits et me donne deux grains de raisin sec, une figue et une amande. Je regrette de ne rien lui avoir acheté... Un vent terrible se lève alors que je suis dans les ruelles étroites, juste incroyable !!! Je m'empresse de rentrer, craignant la chute d'objets.

Contente de ma sortie : 9 km et trois heures. Jef, lui, est resté dessiner. Je sors moi aussi mes crayons dans la soirée.



Mardi 3 mars 2020

Nous décidons de changer de secteur et de nous diriger vers le Parc Naturel del Torcal de Antequera. Sur la route, près de Casabermeja, Claudine a découvert une randonnée sur un site de peintures rupestres découvertes en 1974. Elles semblent appartenir à la préhistoire récente, en particulier à l'âge du cuivre. On leur donne une chronologie autour du bronze I hispanique.

Il s'agit d'une balade d'environ 6 km, sur la Peña de Cabrera-Casabermeja. Une piste nous conduit au sommet de la colline, à partir de laquelle nous redescendons : un vrai jeu de pistes à travers les roches roses et les chênes-liège. C'est une balade culturelle à laquelle Jef a contribué, GPS à la main, pour retrouver les cavernes bien cachées par la végétation et le relief des roches. Admirez...

Depuis le temps que nous marchons sur des pistes tranchées par l'érosion, voici une photo de celle qui nous ramène à Rouletabille. Impressionnant, non ? Nous partons ensuite vers cette fameuse montagne appelée "El Torcal" près de Antequera, dans le parc naturel éponyme. Cette montagne est célèbre pour les formes que l'érosion a donné à ses roches calcaires, et constitue un bel exemple de paysage karstique en Europe. Ci-dessous, El Torcal dans son ensemble, et la petite ville de Villanueva de La Concepcion à ses pides, que nous allons traverser.

Sur le bord de la route, nous apercevons un groupe de "cabras de montaña", comme les appèllent les espagnols. En fait, il s'agit du bouquetin d'Espagne, ou bouquetin ibérique, qui est particulièrement proche du bouquetin des Alpes. C'est donc aussi ce bouquetin que nous avions vu près de la cascade l'autre jour.

Il y a un très grand parking tout en haut, avec un musée et une boutique. Le lieu est très prisé, le parking est plein, et des autobus emmènent ici leur pleine cargaison de touristes pour aller visiter le site complètement aménagé. Peu désireux de coucher sur ce parking, nous redescendons sur un espace étroit d'une seule place que nous avons repéré en montant. Magnifique bivouac, avec un spectacle comme on les aime. Il est 15h30, nous sommes heureux de nous poser. Il fait un vent terrible ici sur les hauteurs, et il fait froid malgré le soleil. Atelier peinture pour nous deux. Dans la soirée, une forte brume est venue recouvrir le paysage...



Mercredi 4 mars 2020

Matinée dans la brume accompagnée d'un vent glacial. On attend que cela se lève pour aller marcher. C'est à 14h que nous commençons notre rando de 4 km au milieu des roches érodées et rongées par l'eau et le vent. Beaucoup de galettes... C'est impressionnant, mais aussi très touristique comme je vous le disais. Il faut faire attention, car les roches lissées par le passage de centaines de milliers de paires de chaussures sont très glissantes. Sans nos bâtons...

En fin de circuit, un grand troupeau de bouquetins ibériques occupent un bon moment notre attention : vidéos et photos... C'est un vrai plaisir de les regarder s'amuser, surtout les jeunes, qui se jettent les uns contre les autres, cornes en avant. On entend le choc des cornes résonner dans la montagne. Passionnant.

Pour finir, un panorama sur la vallée, et la petite cité de Villanueva de la Concepcion que nous avons traversée hier avant de monter ici.



Jeudi 5 mars 2020

Réveil matinal pour Jef, qui sort faire des photos du lever du soleil.

Nous filmons ensuite un nouveau troupeau de bouquetins sur le rocher en face de la fenêtre de notre chambre. Très drôle de les voir caracoler dans les rochers, comme hier. Puis une brume très rapide se lève depuis la vallée et passe en accéléré au-dessus du Torcal : c'est magnifique. Dommage, la photo fige le mouvement, car c'était un très beau spectacle animé.

Nous partons ensuite à Antequera : journée vidanges et courses. Nous découvrons un grand parking en terre dominant la vieille ville, avec un panorama magnifique sur l'Alcazaba, le château d'Antequera, lequel inspire Claudine pour une peinture dans l'après-midi. Ci-dessous : Antequera. Remarquez bien la montagne en forme de visage d'indien à l'arrière-plan : c'est "la Peña de los enamorados" (le rocher des amoureux), qui sert de superbe repère lorsque l'on se balade dans les montagnes environnantes.

Il est 17h lorsque le soleil refait son apparition, après une petite pluie dans l'après-midi. Les températures se sont rafraîchies, il fait 20 °C dans le fourgon.



Vendredi 6 mars 2020

Aujourd'hui, visite de la ville d'Antequera. Près de 10 km à arpenter ses rues pour découvrir ses nombreuses églises, façades de monuments prestigieux : mairie, arènes, statues... Déjeuner à "la cantina", sur un boulevard : espadon, un vrai régal. Retour à l'appartement à 15h30, soit 5 heures de promenade. Après une matinée plutôt froide, nous retrouvons un grand soleil dans l'après-midi, avec 23 °C. En Andalousie, le mauvais temps ne dure jamais !

Je pense que vous avez reconnu le rocher des amoureux... Incroyable, cette ressemblance avec la tête couchée d'un indien !

La mairie est particulièrement belle.



Samedi 7 mars 2020

Je pars toute seule à la découverte de sites non visités hier avec Jef. Particulièrement interessant : le musée, gratuit, sur 4 étages : vestiges romains, peintures religieuses, et deux peintres fort intéressants. Poursuite de ma balade jusqu'à un immense dolmen situé à l'opposé de la ville. Incroyable la dimension des pierres, déplacées manuellement par 80 personnes, d'après les descriptions. Retour par le centre-ville. Une belle promenade de 6 km, et le soleil est revenu, avec sa chaleur, super. Retour à 13 heures au fourgon. Jef vient de terminer le portrait de son petit-fils Victor : bravo, c'est superbe ! Après-midi atelier peinture.



Dimanche 8 mars 2020

Petite rando pour moi, 8 km le long d'un cours d'eau le long duquel quelques vestiges d'ateliers textiles agrémentent les sites. Point-de-vue au-dessus d'Antequera, puis retour par la rue de l'eau. Arrêt à une porte du château, à l'intérieur de laquelle se trouvait un autel. Rando très fréquentée en ce dimanche matin, de nombreux chiens en balade avec leurs maîtres. Jef est resté travailler sur le PC, tri des photos, enregistrement sur le site.

Ci-dessus, el Camorro Alto, 1377 m, point culminant de la Sierra de la Chimenea, et du Parc del Torcal. Une montagne que Jef aimerait que l'on fasse. Ci-dessous, vous reconnaissez certainement le Rocher des Amoureux !

Après-midi lecture au soleil, puis à l'ombre, car trop chaud ! Agréable de ne rien faire, tranquilité et joli panorama du lieu, un vrai plaisir. Soirée apéro, puis grignotage... La vie est belle !



Lundi 9 mars 2020

Encore une rando toute seule : 11 km, avec pour but le monastère (couvent transformé en hôtel) de la Magdalena. Un chemin facile le long d'un mont, très fréquenté. Sa particularité : des petits abris de pierre tous les 500 mètres, en fonction du tracé du sentier. Beau panorama sur le fond et les pentes du massif. Cultures d'oliviers sur les hauteurs. Retour à 13 h, Jef toujours dans le tri des photos.

Les figues sortent des bourgeons...

Après-midi relaxe. Vidange et eau dans la soirée à Antequera, mais nous revenons nous poser sur le parking où nous sommes si bien. Ce soir, soirée TV avec Nicolas Vannier (course en Alaska) : raffraîchissant !



Mardi 10 mars 2020

C'est décidé, nous partons faire la rando programmée par Jef en arrivant à Antequera : le mont Camorro Alto (ci-dessus), 1377m, 700 m de dénivelé avec une grosse montée de 4 km. Retour plus court par un chemin dallé faisant partie des sentiers de Compostelle, et passant par un col, le Puerto de la Escalehuela. Cette belle boucle nous a comblés, après 3 jours de travail pour Jef et mes petites randos faciles de proximité. Le départ se trouve sur une piste, à quelques km de notre parking. Nous ne pouvons pas conduire Rouletabille jusqu'au parking final, il nous aurait fallu un 4x4, mais nous pouvons stationner sans gêner.

Nous rencontrons tout un troupeau de bouquetins ibériques qui traversent notre sentier. Je les envie en les voyant se déplacer et caracoler de rocher en rocher avec tant d'aisance, alors que nous soufflons et peinons dans la jolie grimpette. Le paysage dans notre dos est époustouflant de beauté, et c'est la récompense de nos efforts. J'adore grimper comme ça, c'est génial ! La montée est un peu laborieuse, en raison de la forte pente mais, surtout, en raison de la perte du sentier et de la recherche des cairns dans les roches. Quelques fausses pistes, nous devons même rebrousser chemin, nous avancions vers les falaises abruptes ! Derrière nous, le chemin du retour se dessine parfaitement (ci-dessous)!

Au loin derrière Claudine, Antequera, et encore plus loin, le fameux rocher des amoureux !

Et voilà, mission accomplie. Récompense à tous ces efforts avec la vue sur Antequera et les falaises, sans oublier la neige sur la Sierra Nevada. Panorama à 360 °, nous voyons la Méditerranée au loin, mais l'horizon est brouillé et les photos sont très mauvaises. Nous mangeons ici notre pique-nique, en nous protégeant du vent toujours un peu fort et froid sur les hauteurs.

Vue sur le sentier et la montée faite à l'aller, depuis le fameux col de la Escaleruela. Pas mal du tout ! Nous prenons maintenant le chemin empierré, magnifique, comme je les aime, bien que ce ne soit pas très facile pour cheminer.

La tête de l'indien, ou le rocher des amoureux, comme vous voulez.... vue depuis les hauteurs. Nous retournons passer la nuit à Antequera, sur "notre" parking... Petite bière en récompense de tous nos efforts (départ à 10h30, retour à 15h30).



Mercredi 11 mars 2020

Journée de transfert. Nous quittons Antequera après être allés faire le plein de GPL pour le chauffage, la gazinière et le frigo. Quelques difficultés avec Rouletabille dans les rues étroites de la ville... Puis nous prenons une petite route pour nous rendre à El Chorro, connu pour son sentier aérien le long d'un canyon, très touristique et payant (25 €) : el caminito del rey. Nous nous posons pour déjeuner au-dessus du lac de barrage, presqu'à sec.

Puis finalement, après manger, nous décidons de rester là et de passer la journée à flemmarder, pour être directement sur le départ de la rando que nous avons trouvée pour demain. La chaleur est énorme : il fait 30 °C, c'est déjà l'été en Andalousie !



Jeudi 12 mars 2020

Très belle rando de 7 km au départ de notre bivouac, avec 500 m de dénivelé. But : l'escalier arabe. Sur le sentier, nombreux jeunes au pied des falaises pour de l'escalade, mais à part ça, personne sur une grande partie du circuit.

Quelques difficultés pour trouver le départ des escaliers, qui se trouvent quelque part au-dessus du sentier. On s'est mis dans des pentes abruptes... Jef s'est mis en danger, pas question de le laisser monter hors piste, dalles glissantes... Je trouve enfin le chemin, très ténu dans la végétation. Ouf ! Les randonnées sur Wikiloc sont parfois délicates, car elles ont été enregistrées par toutes sortes de randonneurs, certains sont des grimpeurs et n'hésitent pas à "couper" : du coup, suivre leurs pistes au GPS n'est pas toujours évident !

Ca y est, voilà le fameux "escalier arabe", une merveille qui nous permet de franchir la montagne pour atteindre la haute vallée de l'autre côté de la falaise.

Nous sommes maintenant au-dessus d'une belle vallée. Il y a une grande ferme qui exploite le terrain certainement pas facile, au vu des nombreuses pierres mélangées aux prés, sans compte les bouquetins qui viennent piétiner les semences... Dur dur !

Le retour, empruntant une large piste, est facile. Nous avons vu le chemin permettant d'escalader et d'atteindre le sommet de la sierra de la Huma, magnifique masse de pierre ressemblant à la Maroma (ci-dessus) que j'aimerais bien faire. Ce sera pour un autre voyage en Andalousie...

Il est déjà 13 h lorsque nous retrouvons Rouletabille. Nous partons aussitôt vers un autre site. En passant El Chorro, nous apercevons le fameux "caminito del rey" au-dessus du Desfiladero de los Gaitanes... Superbe ! Il y a de très nombreuses randonnées à faire dans ce secteur en dehors de celle-ci, il faudra bien revenir un jour...

Nous trouvons quelques kilomètres plus loin un site exceptionnel. Nous avons perché Rouletabille sur un petit sommet où personne ne devrait nous déranger. Face au lac, c'est vraiment grandiose. Déjeuner, douche, puis travaux pour Jef, qui met en ligne, enfin, une page de 11 jours. Soirée au soleil, que la vie est belle !



Vendredi 13 mars 2020

Une des meilleures nuits de notre voyage. Pas un seul bruit. Pas question de quitter ce lieu idyllique, donc je pars faire une petite rando de découverte du lac ce matin. Jef, de son côté, poursuit le tri de nos photos, on en fait beaucoup trop !

Le lac ce matin avait des couleurs turquoises... J'ai gravi un petit mont couvert d'oliviers, et à ma grande surprise, il y avait un bâtiment agricole derrière, et un gros "patou" en liberté qui ne cessait d'aboyer. Je me suis vite écartée, et j'ai poursuivi mon chemin par la berge du lac. Quelques pêcheurs espagnols, ainsi qu'une dizaine de camping-cars étaient alignés là. J'ai poursuivi ma promenade sous les eucalyptus jusqu'à une impasse : bord de falaise. Retour vers midi.

Déjeuner dehors... puis reprise de nos ateliers respectifs. Un temps absolument superbe toute la journée. Nous avons sorti nos tenues d'été ! A 18h45, il fait encore 25 °C à l'intérieur (volets fermés et baie ouverte -avec moustiquaire- pour avoir des courants d'air). J'ai fait de la peinture à l'extérieur de Rouletabille !



Samedi 14 mars 2020

Nous devons malheureusement quitter ce merveilleux site pour faire le plein de courses, ainsi que vidanges et eau. Choix pour Campillos, au nord. Nous faisons nos courses dans un supermarché espagnol "Dia". A notre grande surprise, les rayons viande, produits frais, yaourts, fromages, papier-toilette, sont dévalisés. Une boîte de kleenex et un dernier paquet de PQ, il était temps car nous étions au bout... du rouleau ! Nous examinons alors la carte, car cette région est bien trop "plate" pour randonner : nous avons besoin de hauteurs et de paysages ! Notre choix se fixe vers le sud-ouest, sur Grazalema, dans la Sierra de... Grazalema. Une sierra surprenante, qui me fait penser aux montagnes d'Amérique Centrale (en moins haut, naturellement).

Sur la route, le magnifique village de Stenil de las Bodegas nous oblige à faire une pause photo.

La Sierra de Grazalema, et ses pics majestueux. Ci-dessous, le parking à l'entrée de la jolie petite cité de Grazalema. Il était temps d'arriver pour poser Rouletabille, les places sont chères !

Dès que nous sommes arrivés, et à ma grande surprise, j'ai reconnu les lieux : je suis venue ici en 2017 ! Jef reste sur son PC, pendant que je vais faire un petit tour dans le bourg, bien agréable.

L'emblême de l'Andalousie, que nous avons vu sur certaines plaques signalétiques des routes.

Panorama sur Grazalema, depuis un rocher près du parking. Claudine revient en soirée à la maison. Pendant ce temps, inquiet des nouvelles concernant le coronavirus, je suis allé chercher des informations en espagnol, car les détails en français pour l'Espagne étaient trop rudimentaires. Bien m'en a pris ! Ce soir, le premier ministre espagnol doit s'exprimer à la télévision et annoncer fort vraisemblablement une interdiction de circuler à partir de lundi matin, sauf pour ceux qui travaillent ! Nous avions décidé de rester en Andalousie et dans les montagnes espagnoles tant que les problèmes étaient en Italie, mais là, les nouvelles sont graves, et l'Espagne semble bien contaminée. Du coup, si nous devons êtres confinés dans le camion, ce n'est plus du tout la même chanson. J'annonce tout ça à Claudine, qui cherche alors une aire de camping-car près de laquelle nous pourrions nous poser "en attendant". C'est alors qu'elle tombe sur un commentaire d'un français à qui l'on a dit : "nous fermons les aires, rentrez chez vous" ! Un message à notre copain motard Jérôme, qui habite près de Madrid, ainsi qu'à un frère de Claudine, aux réactions toujours saines et rapides. Tous nous disent : rentrez vite.

Incroyable revirement de situation, mais il faut parfois, dans la vie, savoir réagir vite et sagement : nous n'avons effectivement pas le choix, il faut rentrer immédiatement, nous devons absolument être en France au plus tard lundi. La décision est vite prise : nous rentrons dès maintenant, sans attendre. Il est 21h15, les gens sont dehors en train de manger, il fait nuit noire, mais peu importe, après étude de la route, nous partons. Nous avons environ 1150 km à faire pour atteindre notre pays, nous décidons de prendre les autoroutes, via Séville, Salamanca et Valladolid. Notre première idée était de passer par Hendaye, mais je préfère finalement passer par les petites routes des Pyrénées et éviter la grosse circulation de la côte basque.



Deuxième partie, du 14 mars (au soir) au 16 mars 2020

21h30.... Retour France : épidémie coronavirus !!!!!!!!

Carte du trajet effectué du 14 au 16 mars 2020

En 2 jours : 1.655 km avec Rouletabille.

Titi le GPS est parfois complètement idiot, et il nous fait passer par le centre-ville de Séville. Heureusement, cette soirée est inédite, les espagnols sont tous rentrés chez eux, attendant l'allocution du chef de leur gouvernement. La ville est vide, mais ses feux fonctionnent bien, et il nous faut supporter un sacré paquet d'arrêts. Je grille deux feux par inadvertance, regardant les beaux immeubles devant lesquels nous roulons... Rouletabille passe le cap des 50.000 km, nous avons donc fait 30.000 bornes avec lui dans de merveilleuses conditions. Ce soir, tout le boulot est pour lui, enfin... presque. Pas question de m'endormir, Claudine me fait des sandwichs avec plein de bonnes choses, dont du "nutella", puis m'épluche de bonnes oranges. Je tiens le coup. Régulièrement, nous voyons de grands panneaux "Coronavirus : évitez les voyages", puis "Coronavirus : c'est mieux de rester à la maison". Ambiance...

Rouletabille avance bien, il me surprend. Vitesse entre 110 et 120 km/h (maxi sur les autoroutes gratuites espagnoles), et nous avançons bien. Finalement, nous parcourons ce soir 577 km d'une seule traite (juste un arrêt essence), et nous faisons la pause sur un parking à Salamanca. Il nous faut prendre un peu de repos. Il est 3h30 du matin.... Bonne nuit les petits...



Dimanche 15 mars 2020

Réveil mis à 7 heures. petit déjeuner rapide avant de poursuivre notre route. Un camping-car allemand est posé là à côté de nous : retour en catastrophe pour eux aussi sans doute. Ils n'étaient pas là à 3h30 et ont très certainement roulé une partie de la nuit eux aussi !

Il fait un temps absolument superbe. Nous poursuivons sur autoroute, mis à part une section d'environ 80 km du côté de Logroño. Nous avons pris Saint-Jean-Pied-de-Port comme cible, avec un passage par le col de Roncevaux.

Finalement, Titi le GPS, au lieu de nous faire passer par le col de Roncevaux, nous fait franchir la frontière par le splendide col de Garzela, beaucoup plus joli, et que j'avais déjà adoré, voici très longtemps, sur mon scooter Jolly Jumper, en... 2003 ! Je reconnais cette extraordinaire forêt, quelle beauté. Nous sommes émerveillés, malgré notre fatigue et tension nerveuse des dernières heures. D'ailleurs, Claudine, à moitié assoupie, n'a même pas le courage de prendre des photos, que je fais avec mon smartphone tout en roulant...

Nous venons tout juste de passer le col, et nous nous posons ici, au-dessus du village des Aldudes, pour décompresser, admirer, et manger. A notre grande surprise, pas un seul contrôle sur la route, et c'est tant mieux. Nous descendons ensuite dormir dans le village. malheureusement, les cloches de l'église nous réveillent toutes les demi-heures : Rouletabille s'est mis au pied de l'église !

Je dors bien malgré tout, et c'est un peu avec la tête dans le cirage que je reprends la route pour aller dormir dans la petite ville de Saint-Martin d'Arrossa. Entre-temps, le ciel s'est couvert et, ce soir, il pleut à torrents. Mais ça nous est égal, nous sommes en France, mission accomplie. Nous avons parcouru 523 km aujourd'hui, repos bien mérité. Maintenant, nous ne sommes plus pressés, et j'ai bien l'intention de rentrer calmement, par les petites routes...



Lundi 16 mars 2020

Réveil froid et humide. Quel changement, après deux mois de soleil... Les nouvelles sont mauvaises aussi chez nous, et le président devrait annoncer ce soir au 20 heures un confinement pour notre pays aussi. Du coup, plus question de rentrer par les chemins de l'école buissonnière. Décision : nous dormirons ce soir à la maison, à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Il nous reste encore 554 km...

Traversée du joli Pays Basque par de toutes petites routes sinueuses, un peu compliqué pour rejoindre Dax et l'autoroute gratuite qui remonte sur Bordeaux.

Nous doublons des dizaines de camping-cars qui remontent vers le nord : anglais, allemands, néerlandais, belges, suédois, c'est incroyable. C'est vraiment une journée très bizarre. Grosse circulation pendant la traversée de Bordeaux, les périphériques sont bondés, quelques petits arrêts complets, mais très courts. Une demi-heure de pause déjeuner à 13h, dans le village appelé Le Pontet, au nord-ouest de Blaye, au-dessus de Bordeaux.

Dernière frontière, celle de notre département... Il nous reste une centaine de km avant d'atteindre Saint-Gilles-Croix-de-Vie, où nous arrivons enfin vers 18 heures. C'est drôle de retrouver la maison après exactement 85 jours (tiens, c'est le numéro de notre département...) d'absence. Nous sommes heureux d'être arrivés, c'est certain, mais nous ressentons en même temps une immense tristesse devant ces événements qui nous tombent sur la tête ! Nous étions partis pour 10 mois, et ne ressentions absolument aucune envie de rentrer. En fait, nous ne pensions plus du tout à Saint-Gilles, nous étions complètement habitués à notre vie de nomades, notre maison était Rouletabille, et tout nous semblait naturel et évident. Alors, du coup, quelle claque ! Quand je pense qu'avant-hier encore, nous vivions dans l'insouciance absolue... Quel retour précipité, mais, à postériori, quelle sage décision aussi !

Ceci dit, on ne va pas se plaindre. Notre petite maison est adorable, et nous la retrouvons comme nous l'avons laissée. Merci à Sylvine d'être régulièrement passée voir. Remise en route de l'eau et du chauffage, transfert des denrées alimentaires, et... Finalement, nous décidons de dormir à la maison, la grande, dès ce soir ! J'ai vu Rouletabille verser une petite larme alors que je fermais sa porte. Le pauvre, il a bien compris que quelque chose de pas normal se passait, il n'a pas l'habitude de faire autant de route à cette vitesse, lui qui aime tant flâner et brouter l'herbe sur le bord des pistes... T'inquiète, Rouletabille, nous comptons bien repartir... Un jour... Dans quelques... semaines... mois... années...



En résumé, nous avons totalement a-do-ré ce voyage. L'Andalousie, que nous connaissions déjà, nous a cette fois littéralement envoûtés et, si Coronasaleté nous quitte, nous comptons bien y retourner l'hiver prochain. En dehors de la beauté des paysages, des petites villes, du patrimoine culturel et historique, de la gentillesse des espagnols, nous avons aimé le soleil, toujours présent. Rares ont été les jours de pluie, vraiment très rares.



Et enfin, pour conclure, il ne m'est pas possible de passer sous silence le côté économique de ce genre de voyage ! Nous avons dépensé en tout et pour tout, y compris l'essence et le GPL, les laveries automatiques, etc, etc, 1.650 euros, pour 5.028 km, en 85 jours, soit moins de 600 € par mois, à deux. Par conséquent, à peine 300 € chacun... Essayez de faire mieux avec un autre mode de locomotion : impossible ! Nous devons ça au fait que nous sommes totalement indépendants au niveau électricité, les deux panneaux solaires que j'ai fait installer jouent pleinement leur rôle. Nous avons toujours pu recharger nos PC, nos smartphones, nos batteries de VTT. Du coup, notre économie est énorme, car le camping nous aurait coûté environ 30 € par nuit, ce qui aurait représenté une dépense supplémentaire de quelques 2.500 euros... Considérable économie ! Bref, de tous les modes de locomotion expérimentés, c'est pour moi le "Graal", impossible de trouver mieux !



Voilà, amis lecteurs et lectrices, c'en est fini de ce merveilleux voyage qui se termine si brutalement. Je vais essayer, puisque nous sommes confinés, de rattraper mon retard et de mettre en ligne les non moins merveilleux voyages faits avec Oscar, le petit Renault Trafic, avec notamment 3 mois de randonnées inoubliables dans les Alpes. En attendant, n'hésitez pas à mettre de petits mots sur le livre d'or, ou même à m'écrire personnellement (vous avez mon adresse mail sur le site, dans le menu "Communications/Contact"). Je prendrai le temps de vous répondre individuellement. Une fois de plus, je remercie très chaleureusement tous ceux et celles qui m'ont écrit sur le livre d'or, sachez que chacun de vos passages nous a fait chaud au coeur. Sinon, que dire, à part faire attention à vous, et passer au travers de cette saloperie sans l'attraper. Au plaisir de vous lire.

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